Mon point de vue sur ces élections régionales

Commençons par bien séparer les 3 niveaux : national, régional, départemental.

Au niveau national

Le résultat est un succès pour Europe Ecologie (EE), même si le score est inférieur à celui des européennes car il installe vraiment cet OPNI (Objet Politique Non Identifié) dans le paysage politique comme la seconde force à gauche. Il va donc devenir urgent d’organiser au moins un peu cet ensemble. Un peu et pas trop ! Ce qui a séduit certains citoyens qui ont décidé de nous rejoindre, c’est le travail sur le fond, sans aucune perte de temps à discuter statuts et organisation. Il faudra donc trouver des modes d’organisation souple, permettant un débat démocratique en son sein.

Bien sûr, l’abstention massive est là, quand même moins forte qu’aux européennes. Il est clair, au vu des résultats, que ce sont les électeurs de droite qui se sont massivement abstenus, mais pas seulement eux !  Quand l’abstention croît, de manière générale, ce sont les jeunes qui s’abstiennent le plus fortement. Cette élection ne fait probablement pas exception. Et pour nous, écologistes, c’est un vrai problème, car ce sont nos électeurs privilégiés. Quand nous faisions en moyenne 6% au niveau national, nous avions 3% chez les électeurs de plus de 65 ans et 11% chez ceux de 18 à 24 ans.

Enfin la dernière leçon est la réapparition du Front National à des niveaux élevés. C’est l’effet « boomerang » ! Éric Besson a voulu montrer au Président qu’il était capable de lui apporter encore plus de voix du FN en lançant ce débat controversé sur l’identité nationale. Ce fût une vraie tribune pour tous les mouvements d’extrême droite qui sont intervenus dans les débats organisés à de multiples reprises. Ils en sont sortis renforcés et le FN a ainsi pu récupérer une partie de ses électeurs.

Au niveau régional

Rappelons les scores. Abstention : 50,26% ; Frêche : 34,28% ; Roumegas (EE) : 9,12% ; Revol (Front de gauche) : 8,59% ; Mandroux (PS) : 7,74% ; enfin avec moins de 20%  pour Couderc (UMP) et une triangulaire en perspective avec le FN qui passe les 10% et va se maintenir au second tour, Frêche est déjà élu.

Ainsi donc, 25% des électeurs, de gauche et écologistes, n’auront aucune représentation au second tour. La division se paye cette fois-ci très chère. Merci à Martine Aubry d’avoir envoyé Hélène Mandroux au désastre un mois avant les élections, alors que celle-ci était prête à rejoindre Roumegas et à tirer la liste avec lui à la première place dans l’Hérault. Je ne comprends vraiment pas pourquoi Frêche lui en veut. Elle l’a beaucoup aidé en faisant de sa personne le seul enjeu de ces élections, en lui offrant une visibilité nationale dans les média, en occultant toute campagne sur le fond. J’étais entrée dans cette campagne justement pour éviter qu’elle ne se transforme en référendum pour ou contre Frêche. Raté ! Et si Aubry veut vraiment s’offusquer des petites phrases de Frêche, qu’elle relève celle-ci exprimée à Narbonne : « de toute façon, plein de gens de droite votent pour moi, et aussi certains du Front National« . Il faut dire qu’il fait ce qu’il faut pour cela ! Là-dessus, Aubry va probablement appeler à voter Frêche pour le second tour. Le ridicule ne tue pas très longtemps en politique !

Enfin, il faut se poser une dernière question au niveau régional. Europe Ecologie a commencé à rassembler tous les écologistes  du centre à l’extrême gauche, à condition qu’ils soient d’abord écologistes. Ainsi, le mouvement de Corinne Lepage, Cap 21, nous a rejoint dans la région. Ainsi Antoine Waechter, qui faisait partie de l’alliance écologiste indépendante, a rejoint EE en Alsace. Alors que veut ce petit groupe représenté par Drevet dans notre région ?  Groupe qui a voulu interdire à Europe Ecologie de conserver son nom, en prétendant qu’il était propriétaire de la « marque » Europe Ecologie… jusqu’à citer Europe Écologie au Tribunal pendant ces élections régionales! Chacun se fera son idée, mais mieux vaut savoir qu’ici, ce sont les amis de Frêche, en particulier Yves Piétrasanta, qui ont aidé Drevet à faire sa liste. Et si vous regardez bien les bulletins de vote, vous remarquerez la similitude totale de la mise en page des bulletins de vote de Frêche et de Drevet. Drevet a fait 3,87 %, bien plus qu’il n’en fallait pour empêcher EE de passer la barre des 10%. Et comme tout est bien qui finit bien, Drevet appelle à voter Frêche au second tour !

Au niveau départemental

Une question me taraude aujourd’hui. La constitution des listes d’Europe Ecologie a été difficile dans notre région. Elle a pris beaucoup de temps, d’où un programme un peu tardif. Elle a été particulièrement dure dans le Gard et l’Aude. Dans quelle mesure ceci a impacté les résultats ? En d’autres termes, quelle est notre part de responsabilité sur ce point car lorsqu’on est si près de la barre des 10%, il faut se poser toutes les questions. J’ai tenté de chercher un début de réponse en comparant nos résultats par département aux européennes et aux régionales. Ainsi, nous sommes passés de 12,99% à 7,79% dans l’Aude, de 15,49% à 9,91% dans le Gard, de 17,12% à 8,93% dans l’Hérault, de 14,35% à 9,13% en Lozère et de 15,25% à 9,56% dans les  Pyrénées orientales. Donc, la chute est à peu près équivalente, entre 5,2% et 5,8% dans 4 départements. Pas d’impact visible plus important dans le Gard et l’Aude. Le résultat surprenant est la chute dans l’Hérault,  qui atteint 8,2%, sensiblement supérieure à celle de tous les autres départements, alors même que la campagne y a été très active. Il a manqué moins de 7800 voix. Si le tassement avait été, en proportion, de même ordre dans l’Hérault que dans les autres départements, les 10% régionaux étaient atteints. A chacun de chercher ses explications, mais il est sûr que l’idée de région mobilise moins les jeunes que l’Europe et c’est dans l’Hérault qu’il y a le maximum de jeunes. Des pistes pour les prochaines élections : faire voter les jeunes !

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