Taxe Carbone ou contribution énergie-climat ?

Cela fait 15 ans que les écologistes réclament une contribution carbone-énergie pour accélérer la mutation de la société vers un mode de vie supportable à long terme. L’annonce par le gouvernement de la remise en chantier de la taxe carbone après les élections européennes qui ont vu le succès des écologistes, a fait naître l’espoir d’un pas dans la bonne direction. Même si tout n’est pas tranché, les nouvelles de ces derniers jours ne vont pas dans la bonne direction, : montant trop faible, rien sur l’électricité, pas de redistribution juste.
Pour qu’elle remplisse son rôle, cette taxe – qu’il faut appeler en réalité «contribution climat-énergie» – doit avoir un objectif clair, être efficace et équitable, autrement dit socialement juste.

Objectif
L’objectif n’est pas seulement le climat et les gaz à effet de serre. Il est aussi, et même prioritairement, dans la maîtrise générale des consommations d’énergie, afin que chaque habitant de cette planète ait un accès équitable à l’énergie. Nous ne pouvons pas continuer à consommer 10 ou 20 fois plus que les habitants des pays du Sud; et notre type de développement ne peut s’étendre à toute la planète, car il nous faudrait quelques « Terres » de rechange. En ce sens, la contribution prévue doit impérativement porter sur TOUTES LES ENERGIES, électricité comprise, afin d’inciter à l’économie d’énergie et pas au transfert des énergies fossiles vers l’électricité.

Efficace
Le rôle de cette taxe est d’envoyer un « signal prix » qui rende plus cher les produits les plus producteurs de gaz à effet de serre ou les plus « énergivores ». Si le signal prix est dérisoire, la taxe ne sert à rien et est vécue comme un impôt de plus. Enfin, une part de l’argent collectée doit aider les populations à diminuer leur consommation d’énergie : soutien à l’isolation des maisons, aux voitures économes, au développement des transports en commun… afin que chacun contribue à maîtriser sa consommation tout en diminuant ses charges.

Equitable
Cette taxe ne doit pas peser sur la partie de la population qui n’arrive pas à boucler les fins de mois. Rappelons que depuis deux ans, ce sont les grandes fortunes qui ont bénéficié des réductions d’impôt. Une partie de l’argent collecté doit être redistribuée vers les ménages en difficulté pour neutraliser l’impact de cette contribution sur leur pouvoir d’achat.
Contrairement à certains discours, il ne s’agit pas de s’occuper de la crise écologique en négligeant la crise sociale ou inversement : c’est ensemble que ces deux crises doivent être abordées et résolues, car ce sont les mêmes populations qui payent le tribut le plus lourd sur les deux plans.

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