Visa pour l’image, Visa pour le Monde

Comme chaque année depuis sa création, je ne rate jamais Visa pour l’image à Perpignan. Quand on a la chance d’avoir une exposition aussi extraordinaire à portée de ses pieds (éventuellement avec un train), on en profite ! D’ailleurs, j’étais particulièrement fâchée les premières années de mandat, quand la Région avait coupé le financement pour des histoires bêtement politiciennes, c’était stupide !

Si vous aimez la photo et si vous êtes curieux du Monde, Visa est fait pour vous, avec ses 26 expositions de photos, toutes gratuites et ses projections sur très grand écran le soir, sans compter de nombreux débats. Bien sûr Visa n’est pas vraiment drôle. Ces photographes nous montrent le Monde tel qu’il va ET IL VA MAL ! Mes trois coups de cœur de cette année :

  • War is personal, de Eugène Richards, nous montre le contrecoup de la guerre d’Irak sur 15 familles américaines qui ont perdu un proche, en général un fils, parfois une fille, toujours des jeunes. Mais il y a encore pire avec ceux qui sont revenus handicapés à vie comme celui qui cajole son petit enfant avec un crochet en guise de main…
  • Somalie, le pays abandonné de tous, de Pascal Maitre, est une vraie découverte. La Somalie dans nos médias, ce sont essentiellement les pirates. Ces photos nous montre la capitale, Mogadiscio, en ruine, totalement détruite, quasi vide d’habitant, à part les miliciens qui paradent armés et quelques femmes et enfants qui n’ont pu s’enfuir. Une impression étrange se dégage de ses photos, une impression de fin de monde, et on comprend très vite le risque couru par le photographe pour les prendre.
  • 44 jours. L’Iran et la reconstruction du Monde, de David Burnett. Ici nous sommes en 1979 et les photos nous montrent les 44 jours qui ont précédé la chute du Shah d’Iran et l’arrivée au pouvoir de l’ayatollah Khomeyni. La révolte qui parcourt la capitale Téhéran, ces foules immenses qui se lèvent pour chasser le régime au pouvoir, étudiants en tête, résonnent curieusement sur l’actualité iranienne, comme si à 30 ans d’écart, les mêmes scènes se reproduisaient.

Il vous reste une semaine pour y aller et faire votre choix.

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  1. yann Says:

    L’exposition de Eugene Richards est probablement celle qui a marqué le plus les esprits cette année, pas vraiment surprenant quand on connaît la valeur du photographe, son travail depuis 30 ans, même s’il n’avait jamais été très visible pour le grand public. Ensuite, l’exposition sur la ville américaine de Troy valait également le détour, ce sont les deux expos à voir absolument cette année. La chronique de Visa par les étudiants de l’ESJ est accessible ici http://www.esj-lille.fr/atelier/visa09/

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