La porte d’entrée du nucléaire, près de chez vous, à Narbonne

Dans la filière nucléaire, on évoque souvent la mine, l’enrichissement, le réacteur et le retraitement avec la gestion des déchets. Mais dans ce schéma simplifié, il manque une étape fondamentale entre la mine et l’enrichissement: la conversion de l’uranium pour transformer les concentrés de minerais en un produit qui peut être enrichi. Cela se passe à Narbonne, dans l’usine Comurhex qui appartient à AREVA pour tout le nucléaire français, et pour environ un quart du nucléaire mondial. Cette usine « oubliée » fonctionne depuis 1959 et nécessite un vrai « lifting » ou une reconstruction ailleurs. Aujourd’hui, AREVA choisit de rester à Narbonne et de rénover sur place.

Pourquoi ?
Depuis un demi-siècle, cette usine stocke dans la plaine, dans des bassins plus ou moins étanches, des boues lourdement chargées en nitrates et par ailleurs radioactives. Il est clair que si AREVA choisissait de partir, elle devrait remettre le site en état et, aujourd’hui, AREVA ne sait pas quoi faire de ces boues, ni comment les traiter, ni où les stocker.

Enquête et réunion publiques.
Refaire une installation quasi complète sur place et surtout accroître sa capacité de production de 50% nécessite une enquête publique. Elle commence le mardi 15 septembre, pour une durée de 6 semaines. D’ores et déjà, retenez la date du 7 octobre à 19h où se tiendra une réunion publique (à la CCI). C’est là que les questions pourront être posées. Enfin, pour avoir une idée de ce qui est proposé, le dossier d’enquête publique va être mis en ligne. Je donnerai l’adresse dès qu’il sera disponible.

Les dangers essentiels.
Sans entrer dès aujourd’hui dans le détail, précisons les deux dangers essentiels de cette usine :

  1. les produits chimiques, parmi lesquels l’acide fluorhydrique tient une place particulière, puisque c’est à cause de cet acide que l’usine est classée « SEVESO seuil haut ». Seul acide à attaquer le verre, il peut se vaporiser facilement. On imagine sans peine le risque de nuage toxique.
  2. la pollution radioactive : les boues stockées (provisoirement, mais depuis tout de même depuis un demi-siècle) sont chargées de nitrates, mais aussi d’uranium et de quelques autres produits radioactifs en moindre quantité. Ces boues, selon la classification de l’ANDRA¹, chargée de gérer les déchets radioactifs, sont des « déchets faiblement radioactifs à vie longue » . Il se trouve qu’aujourd’hui il n’existe aucune filière pour ces déchets. Ce sera une des question de cette enquête publique. Va-t-on continuer à mettre des déchets radioactifs dans la plaine à l’air libre ?

Ce blog va suivre cette actualité narbonnaise qui ne semble pas intéresser la municipalité, puisque son journal sorti hier n’en dit pas un mot. Dommage pour l’information des citoyens !

¹ Agence Nationale pour la gestion les Déchets Radio-Actifs

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