(5/5) Formation professionnelle 2004 : la région en chantier

LES PROPOSITIONS A METTRE EN ŒUVRE DANS LES 2 ANS

I/ L’accueil, l’information, l’orientation (AIO)

I –A / Renforcer les lieux de premier accueil des demandeurs d’emploi
Les MLI qui accueillent les jeunes de 16 à 25 ans sortis du système scolaire et les ALE qui accueillent tous les demandeurs d’emploi ont besoin de la connaissance des formations comme outil pour améliorer les capacités d’insertion sur le marché du travail. Une convention sera passée avec ces organismes pour les soutenir dans leur prescription de formation, en mettant éventuellement du personnel spécialisé « formation » à leur disposition et permettre ainsi la mise en œuvre d’un partenariat nouveau au bénéfice de tous les habitants de la région.

I – B / Renforcer l’accès à la formation pour les salariés des artisans et TPE-PME
Les salariés ont droit à une formation de leur choix pour se perfectionner ou se reconvertir grâce au CIF à travers le FONGECIF, mais celui-ci dispose de moyens insuffisants surtout pour les salariés des très petites entreprises (inférieures à 10 salariés), pour lesquels il est obligé de refuser beaucoup de demandes par manque de moyens. La Région renforcera son aide au FONGECIF car c’est le seul lieu de formation des salariés qui relève de la demande propre de ceux-ci.

I – C / Renforcer les capacités d’orientation
Les centres de bilans, que ce soient les CIBC, les CBEN, les centres privés, ou encore l’AFPA, sont essentiels pour permettre l’orientation et la construction du projet professionnel de nombreuses personnes. Le nombre de bilans commandés à ces organismes sera augmenté, mais une analyse préalable de la diversité des bilans permettra de clarifier les objectifs des uns et des autres.

I – D / L’information pour tous
Grâce à trois outils qui permettront à chaque citoyen de s’orienter dans le maquis de la formation
→ Un site internet de la région très documenté sur les possibilités liées à la formation (avec, par exemple, un programme interactif pour permettre une première auto-évaluation individuelle pour tous types de publics, un ensemble d’informations régionales sur les métiers et les formations, une réponse aux 100 questions les plus souvent posées par les stagiaires, des liens vers d’autres sites intéressants, les adresses et téléphones des lieux d’accueil régionaux selon les types de publics).
→ Une brochure synthétique à destination du grand public, à très large tirage, et une brochure plus précise destinée aux stagiaires
→ Chaque année, une journée régionale sur la formation continue, en direction du grand public, sur le modèle des journées du patrimoine ou des journées de la recherche : une journée « portes ouvertes » où tous les organismes volontaires participants sont ouverts à tous publics pour expliquer leur rôle dans la formation, montrer leurs installations…

I-E / Construire une culture commune des réseaux
Un groupe de travail sera proposé à l’ensemble des acteurs de l’AIO afin d’améliorer l’accueil, de clarifier les parcours pour les  divers publics, d’approfondir les méthodes de travail, de comparer les outils, de créer une culture commune, de renforcer l’aspect réseau au niveau territorial… Ce groupe de travail s’inscrira comme l’un des groupes de concertation pour l’élaboration du plan régional des formations.

II/ La programmation et la mise en œuvre des formations

II – A / Les procédures
Pour faire progresser la qualité de l’offre de formation, l’innovation pédagogique est essentielle, ce qui suppose des financements pour l’ingénierie pédagogique, car les formateurs contractuels sont comme les « intermittents du spectacle » : ils ne sont payés que lorsqu’ils sont en scène. La Région augmentera très fortement (entre doublement et triplement) la ligne budgétaire destinée à l’innovation et l’expérimentation pédagogique.
Une large partie de l’appel d’offres deviendra triennal (avec possibilité de révision annuelle des conventions si nécessaire). Les avantages sont multiples : libérer du temps pour la pédagogie du côté des organismes de formation; libérer du temps pour l’évaluation du côté de l’administration régionale; permettre des investissements matériels qui pourront se rentabiliser sur 3 ans;  stabiliser les formateurs et leur donner les moyens d’un travail à plus long terme.
Des correspondants formation de la région seront en poste sur les territoires (bassins d’emploi, pays ou regroupements d’intercommunalités) pour informer des possibilités, mais aussi s’informer, écouter la demande et susciter des formations pouvant répondre à des problématiques de développement territorial, non seulement des formations classiques, mais aussi des formations actions et des formations liées aux couveuses. Ces correspondants participeront aux procédures d’évaluation pour le compte de la Région. Les demandes de formations initiées et soutenues par le territoire dans un projet de développement seront prioritaires.

II – B / Les filières
Les filières qui seront renforcées correspondront :
→ aux métiers en tension, y compris le sanitaire et social, très créateurs d’emplois,
→ aux métiers d’avenir, en particulier dans l’environnement et les énergies renouvelables,
→ à tous les métiers liés à l’artisanat, en particulier pour permettre la poursuite de l’activité lors des départs à la retraite qui vont devenir massifs dans les prochaines années. Ce dernier aspect se fera en collaboration avec les chambres consulaires.
Compte tenu de la loi de décentralisation qui transfère vers les Régions des compétences relatives au secteur sanitaire et social, un groupe de travail sera mis en place pour ces filières, dont le financement est très loin d’être assuré en totalité.
Les niveaux du CAP au Bac professionnel seront privilégiés, pour donner une chance à ceux qui en ont eu le moins au cours de leur formation initiale. De même, des moyens financiers seront dégagés pour les universités afin que la préparation à l’examen d’entrée à l’université, pour ceux qui n’ont pas le Bac et souhaitent poursuivre des études universitaires, soit moins onéreuse voire gratuite dans les filières scientifiques qui sont source d’emplois.
Pour la mise en cohérence avec la politique régionale de développement durable, une journée d’information sur le développement durable sera programmée dans chaque formation supérieure à 100 heures en centre. Une demi-journée sera commune à toutes les formations et l’autre demi-journée sera différente selon les types de formations.

II – C / L’accès à la formation
Une ligne budgétaire sera ouverte pour répondre aux demandes individuelles de financement (formation non financée par la région, déplacements importants…) comme il en existe dans d’autres régions. Une étude sera mise en place pour préciser les modalités  de mise en œuvre, les critères et les conditions d’attribution.
La mise en œuvre de la rémunération va permettre un meilleur accès à la formation, mais au prix d’un coût plus élevé, surtout si le nombre d’adultes s’accroît. Aujourd’hui, environ 2/3 des personnes en stages perçoivent les indemnités forfaitaires. L’objectif est de maintenir cette proportion ; la coordination avec les ALE, qui cherchent des stages pour des demandeurs d’emplois déjà financés, sera essentielle. Pour chaque formation financée par la Région, le nombre de rémunérations sera compris entre 50 et 100% du nombre de places financées à l’organisme, avec pour critères essentiels les petits niveaux et les métiers en tension qui fournissent de vrais emplois.
Les modalités actuelles de sélection des stagiaires par les organismes de formation, modalités imposées par la LEF, ne sont pas satisfaisantes. Les candidats attendent parfois plusieurs mois pour être convoqués à une réunion de sélection,, sans savoir s’ils seront finalement retenus. Nous demanderons aux organismes de formation qui restent maître du recrutement, de recevoir les candidats au fur à mesure que les institutions les leur envoient, et de répondre aux candidats s’ils sont acceptés ou non dans la formation immédiatement après l’entretien, afin que ceux-ci puissent s’organiser.
Une réflexion sera entreprise sur la notion de parcours, en particulier sur les stages de mobilisation qui devraient être suivis par des stages de qualification afin d’achever un parcours d’accès à l’emploi et d’éviter des stages ponctuels sans lendemain.

Les personnes doivent entrer volontairement dans une formation et non y être envoyées par un prescripteur alors qu’ils ne la souhaitent pas ou qu’ils ne sont pas en état d’en suivre une.

II – D / Les aspects financiers
La Région ne financera pas l’heure-groupe, sauf cas exceptionnel, mais elle remettra à l’étude la façon de gérer les absences des stagiaires, pour mieux tenir compte de celles qui sont légitimes.
Le tarif de l’heure-stagiaire payé par la Région est assez faible, environ la moitié de ce que payent les OPCA ou les contrats de qualification, ou encore la moitié des coûts de revient de l’AFPA ou de certaines grandes associations, pourtant sans but lucratif. Nous mettrons à l’étude la possibilité d’élargir la fourchette des prix retenus pour l’heure-stagiaire, en tenant compte des difficultés des publics accueillis (suivi social et psychologique), de la technicité de la formation, et du matériel nécessaire (en investissement comme en fonctionnement).
Nous proposons d’instaurer une discrimination positive pour les territoires peu peuplés. Il est beaucoup plus difficile de réunir 12 personnes pour une formation dans les hauts cantons qu’à Montpellier. Nous proposons de découper les cantons de la région en 3 zones selon un seul critère, la densité de population, et de payer un même montant pour 12 stagiaires en zone peuplée, pour 6 stagiaires dans le rural profond et pour 9 stagiaires en zone intermédiaire. Ceci ne concernera pas les formations à recrutement national ou qui proposent un hébergement. Seul cela peut garantir un accès égal à la formation et une équité pour les territoires

III / Problématiques transversales et concertation
Le CCREFP sera rapidement mis en place.
Un groupe de travail, réunissant tous les organismes ayant déjà des compétences et des pratiques en formation à distance, sera mis en place pour mettre en adéquation les objectifs assignés et assignables à ce type de formation et les possibilités existantes et potentielles en matière de pédagogie comme d’équipement.
Un groupe de travail sera constitué sur la valorisation des acquis de l’expérience.
Vu les évolutions rapides de la politique de formation professionnelle, un groupe de suivi, proche des acteurs de terrain, sera mis en place pour faire remonter rapidement les problèmes émergents.

Dès 2005, l’élaboration d’un plan régional des formations sera lancée. Tous les groupes de travail (AIO, filière sanitaire et sociale, FOAD, VAE, groupe de suivi) seront intégrés dans la concertation sur l’élaboration du plan.

En guise de conclusion : objectif 2007
2005 et 2006 seront des années de mise en œuvre de la plupart des propositions indiquées ci-dessus; des années de relance de la logique partenariale; des années d’expérimentations, de modernisation et de réorganisation du service régional de la formation professionnelle; d’élaboration du PRDF et de mise au point du lieu ressources dans la Maison de la Région de l’Aude.
Au début 2007 : le PRDF devrait être approuvé, les Maisons de la Région opérationnelles au titre de lieux ressources pour la formation, et la Région devrait prendre en charge les crédits de l’AFPA.

Et il faudra encore quelques années pour tirer le bilan de cette nouvelle politique au service de tous les habitants de la région et du développement des territoires.


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  1. Pierre Bruynooghe Says:

    Bonjour Maryse. Tu dis en fin de texte qu’il faudra encore quelques années avant de pouvoir tirer le bilan de cette politique. Pourquoi ? Bien à toi. Pierre

  2. maryse Says:

    Il faut se rappeler que ce texte a été écrit en septembre 2004. Même en 2007, je pense qu’on n’avait pas encore de quoi tirer un bilan de l’action entreprise. Aujourd’hui, en 2010, à la fin du mandat, je crois qu’on peut. Mais ce qui est intéressant et presque surprenant, c’est qu’on a réalisé la quasi totalité des propositions de ce texte de 2004. Cela me confirme dans l’idée que prendre le temps d’écouter ce que les acteurs et plus généralement les citoyens ont à dire permet de poser un bon diagnostic et permet ensuite de prendre des mesures plus efficaces et plus pertinentes.

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