Eolien, photovoltaïque : quelques chiffres

Au moment où la préfecture de l’Aude publie un guide sur l’énergie photovoltaïque au sol, il est temps de fournir quelques ordres de grandeur sur la production et les coûts car il circule beaucoup de chiffres plus ou moins fantaisistes.

Tout d’abord la production : en éolien comme en photovoltaïque, on a pris l’habitude d’évaluer la production en « équivalent heures pleines ». Précisons cette notion à partir d’une installation d’une puissance de 1 kW (kilowatt). Evidemment, il n’y a pas du vent tout le temps (heureusement !) ni du soleil tout le temps. De plus il peut y avoir un peu ou beaucoup de soleil et de vent, donc l’installation produit un peu ou beaucoup ou pas du tout d’électricité. Pas très facile dans ces conditions de passer de la puissance installée, 1 kW, à la production d’électricité qui s’exprime en kWh (kilowatt-heures) et qui varie tout le temps. On a donc choisi de mesurer la production annuelle de l’installation et de regarder à combien d’heures de fonctionnement à pleine puissance cette production correspond. Evidemment, cela dépend du niveau de soleil et de vent de la région. Dans l’Aude, en gros, les panneaux photovoltaïque produisent une quantité d’électricité équivalente à 1200,voire 1300 heures annuelles à pleine puissance. Donc 1 kW de panneaux photovoltaïque va produire 1200 à 1300 kWh. Avec la même puissance, une éolienne produit environ 2800 kWh, un peu plus du double des panneaux photovoltaïque. Bien retenir que cela ne veut pas dire que les sytèmes ne fonctionnent que 1200 heures ou 2800 heures.

Ensuite l’encombrement : les grandes éoliennes d’aujourd’hui mesurent 120 mètres de haut avec des diamètres de pâles d’environ 60 mètres pour une puissance d’environ 2 MW (ce sont des ordres de grandeurs, mais ils suffisent).  Pour produire autant d’électricité avec une ferme photovoltaïque, il faudra une puissance double (voire un peu plus) donc 4 MW. La ferme solaire de Narbonne avec ses 80.000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques (sur un espace de 23 ha) a une puissance de 7 MW. Donc sur l’aspect encombrement, c’est une éolienne de 120 mètres ou 40.000 mètres carrés de capteurs photovoltaïques. L(impact sur le paysage commence à se discuter. D’autant qu’il est parfaitement possible de poursuivre une activité agricole autour de l’éolienne, alors que les panneaux photovoltaïques stérilisent l’espace.

Enfin les prix de rachat : il est assez normal d’aider les filières naissantes. Le nucléaire a été aidé très longtemps et, même si ce n’est plus une filière naissante, il l’est encore. En effet, le traitement des déchets radioactifs n’est pas payé à son prix (EDF s’en débarrasse auprès de l’ANDRA) et les centrales nucléaires ne sont que très partiellement assurées en cas d’accident. Il est donc normal d’aider l’électricité  solaire et éolienne. Mais comparons les coûts de rachat du kWh par EDF en arrondissant les chiffres au centime d’euro : le kWh éolien est racheté à 8, le kWh photovoltaïque en grandes fermes au sol à 30 et le kWh photovoltaïque individuel sur votre toit à 65. Sans tenter de comparer au coût de production qui est toujours sujet à caution, comparons au tarif qu’EDF fait payer au particulier qui se situe autour de 7 à 11 centimes d’euro selon les heures pleines ou creuses.

Conclusion : le kWh éolien approche de la rentabilité et ne coûte pas trop cher à EDF ; le photovoltaïque est très très loin de la rentabilité et le photovoltaïque au sol est quasiment « une bulle financière ». A ce prix, on ne devrait faire que des installations pilotes et mettre le surplus d’argent dans la recherche pour faire chuter les coûts de production plus rapidement.

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