La réforme des collectivités : marche arrière toute !

La réforme des collectivités commence à se dessiner. C’est une marche arrière radicale par rapport aux évolutions politiques de ces dernières années.

Cumul des mandats : le cumul devient obligatoire ; l’élu sera simultanément conseiller général et conseiller régional. Depuis des années les citoyens demandent l’arrêt du cumul des mandats, cette réforme l’institutionnalise !

Disparition de la proportionnelle et de la parité : vote uninominal comme pour les conseillers généraux actuellement. Le résultat est connu d’avance : disparition de la parité et disparition de la proportionnelle. Le conseil général de l’Aude en témoigne parfaitement. Il semble qu’on ajoutera un « zeste » de proportionnelle pour faire semblant de réparer les dégâts de cette non représentativité.

Abandon du monde rural : le projet prévoit d’organiser le milieu urbain, de faire naître des métropoles puissantes à qui pourront être confiées de multiples responsabilités, mais rien pour le monde rural. Ainsi, les collèges pourraient être confiés aux métropoles, ceux du monde rural restant au département. On imagine la cohérence de ce système.

Recentralisation : la France est le pays du jacobinisme ; si certains l’avaient oublié, ce projet de loi va leur rappeler violemment. Les départements et les régions n’auraient plus la « compétence générale ». Cela signifie qu’ils ne pourraient s’occuper que des compétences qui leur sont confiées de par la loi, alors que le principe de la République veut que toute assemblée élue au suffrage universel puisse intervenir dans tous les domaines qui ne sont pas d’une compétence réservée. Ainsi, les régions ne pourraient plus s’occuper que des lycées, de l’apprentissage, de la formation des demandeurs d’emploi et des TER. Exit les subventions pour le sport, la culture, l’environnement, les universités, la formation des salariés et des actifs… Ces deux collectivités seraient en quelque sorte sous tutelle.

Les effets pervers de la recentralisation : Exit tout plan Etat-région puisque celui-ci ne concerne que des compétences Etat. Exit le financement de la ligne LGV , hors des compétences région. Mais aussi, pour chaque commune ou communauté de communes (à l’exception des métropoles qui se débrouilleront seules), plus de demandes de subvention au département et à la région pour la culture, le sport, la santé, l’environnement… Les petites communes vont être abandonnées à leur triste sort !

Et tout ceci pour quoi ? Pour faire des élections à un seul tour car la droite étant rassemblée et la gauche partant au premier tour en ordre dispersé, il faut un seul tour pour que la droite gagne. Seulement, si la droite laisse faire ce « détricotage des responsabilités » , on ne voit plus bien où sera son intérêt à gérer des collectivités devenues mineures et sous tutelle. Mais peut-être faut-il se rappeler que la révolution avait en son temps fait disparaître les « provinces » qui faisaient de l’ombre à l’Etat. Et si la montée en puissance des régions (encore très faible par rapport à la réalité des autres pays)  faisait de l’ombre à l’Etat central tel qu’il est vu depuis l’Elysée ?

Cette réforme sera catastrophique pour la droite, comme pour la gauche ! Elle sera surtout catastrophique pour les territoires, pour les citoyens, mais aussi pour les entreprises qui se sont réjouies trop vite de la disparition de la taxe professionnelle. Moins de finances dans les collectivités, donc moins d’investissements, moins de soutien aux entreprises innovantes. on cherche vainement les gagnants de cette réforme.

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