COMURHEX : dernières nouvelles

1/ Suite de la commission d’enquête : le rapport des commissaires

L’enquête publique a eu lieu. Les commissaires enquêteurs ont rendu leur rapport. Intégralement favorable sans aucune réserve. On n’attendait pas autre chose, même s’ils ont fait quelques recommandations en fin de rapport: améliorer la formation du personnel, faire faire des audits par des organismes indépendants d’AREVA, faire classer les bassins en INB (installation nucléaire de base, la décision était déjà prise) et surtout améliorer la communication avec les riverains (!). Il s’agit bien de recommandations, de conseils en quelque sorte qui n’entrainent aucune obligation.
Cet avis est favorable malgré une question insistance restée sans réponse : que fait-on de déchets qui s’accumulent dans la plaine, dans des bassins à l’air libre, soumis à la pluie et aux intempéries ? Ces déchets, jamais classés vraiment, sont en réalité « des déchets faiblement radioactifs à vie longue », ceux pour lesquels il n’existe aucune filière de stockage et d’élimination en France. Réponse de l’exploitant : on attend que le niveau national, le PNGMDR (!) nous donne la solution. Honnêtement, on ne connaît pas d’autres industries qui seraient autorisées à poursuivre leur activité dans de telles conditions. Le nucléaire est bien hors la loi, puisqu’il est au-dessus des lois.
Un élément positif à noter : j’ai demandé que le rapport des commissaires enquêteur soit mis en ligne en m’appuyant sur les résultats officiels de la table ronde sur les risques industriels de juillet 2009. Il est en ligne sur le site de la DREAL LR : http://www.languedoc-roussillon.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_commissaires_cle7e915b.pdf

2/ La réunion du comité local d’information et de concertation

Difficile de résumer une réunion de 4 heures en quelques lignes. Premier élément positif : j’ai averti la presse, qui est venue, et j’ai réussi à convaincre le Président qu’elle puisse rester. Personne dans l’Assemblée ne s’y est opposée.
Accidents et sécurité
L’année dernière, il y a eu 4 accidents rien qu’en juillet -août, c’est vraiment beaucoup ! Pour les salariés,  la sécurité stagne, avec un nombre d’accidents du travail inchangé depuis plusieurs années;l’objectif de « zéro accident » réaffirmé semble loin.
Le Plan de Prévention des Risques Technologiques
La carte des aléas, donc des probabilités de risques et de l’intensité des dangers est terminée.  Ce sont des cercles qui vont du rouge (le plus dangereux et le plus risqué au vert, par cercles  concentriques) L’aspect cercles concentriques posent problème car il y a quand même du  vent à Narbonne. J’ai posé la question qui a été reprise par le Président, sans réponse vraiment convaincante (tous les vents ont été pris en compte, nous a-t-on dit). La carte des enjeux, c’est-à-dire des lieux habités ou des lieux où des gens travaillent, est aussi quasi achevée. La superposition des deux va permettre de  préciser les problèmes à résoudre.
Le classement en Installation Nucléaire de Base
Enfin, le plus important, les bassins B1 et B2, les deux plus anciens qui contiennent les boues les plus radioactives, ceux dont les digues ont lâché en 2004, répandant les produits dans la plaine, seront classés « Installation Nucléaire de Base » (INB), donc surveillés plus attentivement, surtout sous l’angle de la radioactivité. Puisque Narbonne va avoir une INB, elle va donc avoir une CLI (Commission locale d’information) associée (comme autour des réacteurs nucléaires). Elle sera créée durant l’année 2010.
Dernier point : nous avons beaucoup réclamé (en particulier par la pétition) que les bassins soient nettoyés et que les boues dangereuses soient mises en sécurité. Nous avons appris que COMURHEX envisageait de s’attaquer à ce problème entre les années 2014 et 2024 ! Reste à prier le ciel qu’il ne nous déverse pas des trombes d’eau d’ici 2024. Rappelons que nous avons protesté contre l’étude d’impact qui a pris comme référence pour la pluie du siècle environ 350 mm d’eau maximum en 24h, alors qu’à Lézignan, en 1999, il est tombé 550 mm d’eau !
Questions et informations diverses
Il y a, en cours, une analyse critique de l’étude de dangers et de l’étude d’impact, donc de l’essentiel du dossier mis à l’enquête publique. On attend avec impatience les conclusions, même si le bureau d’études a été choisi par COMURHEX (et approuvé par la DREAL).
Les bidons vides dans lesquels arrive l’uranium s ’accumulent sur le terrain de COMURHEX. Ce sont aussi des déchets qu’il faut gérer et qui ne peuvent partir dans la nature car il reste  évidemment des traces d’uranium. L’entreprise va s’engager à installer une presse pour comprimer les fûts et les évacuer… vers l’ANDRA. Nous serons très attentifs à ce qu’ils soient bien gérés par la filière nucléaire et pas recyclés avec d’autres ferrailles dans le cadre de dérogation.

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