À propos

maryse-montpellier

UNE AUTOBIOGRAPHIE, EN DOUZE DATES

Je suis née à Paris de parents étrangers, venant de Grèce et de Turquie. Je le précise car cela aura un impact sur des activités publiques ultérieures.
Chez moi, on ne faisait pas de politique, on tentait de survivre. Le premier déclic date de 1958, au lendemain du 13 mai. Nous avions un cours d’histoire. Oubliant le programme, notre professeur consacre l’heure de cours aux coups d’Etat à travers l’histoire, des Romains à nos jours. Un cours sur la légalité républicaine et le pouvoir qui ne s’oublie. Être enseignant peut être un beau métier !
En 1960, j’ai participé pour la première fois à une manifestation pour protester contre la guerre d’Algérie. Mais à cette époque, la foule me faisait peur, comme une espèce d’ensemble que nul ne peut contrôler et qui peut exploser à tout moment. Puis j’ai pris l’habitude de militer : mouvement de la Paix, syndicat, et plus tard, mouvement de femmes, engagement pour les énergies renouvelables, contre le nucléaire, pour la préservation de l’environnement…
1968 évidemment ! En cette année où je poursuis ma thèse en physique nucléaire, le questionnement sur le rôle des chercheurs, et de la recherche, face aux besoins de la société est omniprésent. L’équipe qui travaille avec moi, ainsi qu’une autre, seront  choisies par un réalisateur de télévision pour illustrer son thème : « une équipe qui se pose des questions » et « une équipe bien dans sa peau  ». Je bouclerai ma thèse  et je partirai au LBL (Lawrence Berkeley Laboratory) de Berkeley aux USA 6 mois pour travailler sur l’énergie solaire.
1971 : entraînée par une amie, je milite au MLAC, Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception, et je signe le manifeste dit « des 343 salopes ». Rédigé par Simone de Beauvoir et publié dans le Nouvel Observateur d’avril 1971, des femmes célèbres ou non, y déclarent avoir avorté, acte alors encore passible de prison.
1973 : à Paris, congrès mondial « Le soleil au service de l’homme ». Je fonde avec des architectes, des thermiciens, des plombiers, des citoyens intéressés, le groupe héliotechnique de Paris. Il organise des rencontres, rassemblant plus de 500 personnes, sur toutes les énergies renouvelables. Je sollicite les premiers dispositifs de la toute récente « formation professionnelle continue » pour organiser un stage de formation sur les chauffe-eau solaires (fabrication, mesures de rendement, installation..), puis sur l’utilisation de l’énergie solaire dans le bâtiment, puis sur les filières énergétiques. Je participe à la création du Département d’Education Permanente de Paris VII , ou encore de l’examen spécial d’entrée à l’université.
1981 :  avec mon compagnon, nous nous installons dans le sud de la France,  dans les Corbières (Aude) dans une maison solaire « passive »,  non raccordée à EDF, alimentée par une éolienne individuelle.
1985 : j’adhère  aux Verts, le parti écologiste créé un an plus tôt, que je ne quitterai que fin 2007. J’assumerai de nombreuses responsabilités tant locales que régionales ou nationales : membre du Conseil National Inter Régional durant plus de 15 ans, porte-parole nationale durant 3 ans, …
1988 : je fonde avec mon compagnon et d’autres une association de protection de l’environnement : ECCLA (Ecologie du Carcassonnais, des Corbières et du Littoral Audois), agréée par la Préfecture depuis 1991.
1989 : municipales à Narbonne. Je fais ma première campagne, mène une liste verte qui dépasse les 5% et je suis élue, seule, dès le premier tour. Je démissionnerai à mi-mandat pour laisser le second de liste découvrir les joies de l’opposition solitaire. Je découvre la complexité mais aussi la puissance du juridique pour arrêter des mesures inacceptables. Nombreux recours sur l’urbanisme (POS, ZAC, permis de construire,…)  pour  violation systématique de la  Loi littoral, mais surtout recours contre la création  d’un Conseil Municipal d’enfants qui exclut les enfants étrangers (entre 10 et 12 ans). Première jurisprudence en France sur les Conseils Municipaux d’enfants. Je gagne jusqu’en Conseil d’État (comme d’ailleurs tous les autres recours sur l’urbanisme). De cette bagarre très dure, j’ai gardé le souvenir d’un Conseil Municipal, tenu au mois de décembre dans une salle « volontairement » non chauffée, où le sujet n’a été délibérément abordé qu’à minuit…
1994 : « AC ! Agir contre le chômage » se crée et des grandes marches démarrent de toute la France vers Paris. L’une d’elle, celle du Sud, part finalement de Narbonne. Sollicitée de toutes parts, j’en deviens curieusement la cheville ouvrière. En sollicitant  toute la presse qui joue le jeu (le Midi Libre consacre une page par jour à des situations particulières de chômeurs), 100 personnes partiront finalement de Narbonne dont 30 iront jusqu’à Béziers pour accompagner les marcheurs se rendant jusqu’à Paris. Je prêterai ma voiture (sécurité oblige) et je la retrouverai dans un état bizarre à la manifestation de Paris.
1997 : les Verts accèdent au gouvernement et Dominique Voynet me propose la présidence de l’INERIS (poste bénévole, pour ceux qui croiraient encore qu’on s’y enrichit !). J’accepte et dans ce laps de temps de 5 ans (changement politique en 2002), je m’y investis complètement pour que l’INERIS définisse plus précisément son projet, utilise ses compétences dans des domaines nouveaux, approfondisse les risques chroniques, remette à niveau ses installations… Les moyens humains et financiers suivent. En 2001, c’est l’accident de Toulouse (explosion de l’usine AZF) et les compétences de l’INERIS deviennent indispensables à tout gouvernement, quel qu’il soit. Dans cette période qui voit l’Institut de Protection et de Sureté Nucléaire (IPSN), alors département du Commissariat à l’Energie Atomique, entamer sa transformation en Institut Indépendant du CEA, je suis nommée membre du comité de direction de l’IPSN. En 1999, je serai même nommée Chevalier de la Légion d’Honneur pour mon action sur l’environnement…
2004 : je suis élue au Conseil Régional, Vice-Présidente, déléguée à la formation professionnelle continue.  Une responsabilité parfaitement imprévisible durant la campagne, d’où un investissement très important en temps pour bien connaître les dossiers et mesurer les enjeux. Je prends aussi la Présidence du groupe des (7) élus Verts. Sans m’avancer plus avant ici quant à mon bilan, disons que je considère avoir  raté cette présidence de groupe (sans être sure que quiconque eût pu réussir …) et avoir  réussi ma délégation.

Ceci n’est pas une fin, la vie continue !

  • Share/Save/Bookmark